La photo de sport, c'est l'anticipation. La photo de combat, c'est l'anticipation poussée à son extrême. Un kick de taekwondo dure 0,2 secondes. L'apex du mouvement, le point de contact ou juste avant, dure peut-être 0,05 secondes. C'est là que tout se joue.

Trente ans après mes premières accréditations avec l'agence Gamma, la contrainte n'a pas changé. Ce qui a changé, c'est le matériel : les rafales à 20 images par seconde donnent l'illusion de la facilité. Mais l'oeil qui déclenche au bon moment, lui, ne s'automatise pas.

Lire le combat avant qu'il ne se passe

Un taekwondoïste qui prépare un bandal tchagui donne des signaux : légère rotation de l'épaule, poids sur le pied avant, regard qui fixe la cible. Le photographe qui connaît la discipline voit ces signaux. Celui qui ne la connaît pas prend des photos de jambes en l'air.

C'est pourquoi j'ai toujours photographié les sports que je comprenais. La boxe française à Grasse et Toulouse dans les années 90. Le voile en compétition. Et aujourd'hui le taekwondo, sport que ma fille Mélody pratique au niveau national.

La position sur le tatami

La règle d'or : ne jamais être dans l'axe du regard des combattants. Se placer légèrement de côté, à hauteur de combat, jamais en hauteur sauf pour des plans d'ensemble. Le 70-200mm f/2.8 à 1/1000e minimum, ISO poussé jusqu'à 6400 si la salle est mal éclairée.

Les salles de sport mal éclairées sont l'ennemi numéro un. Les fluorescents à 50Hz créent des bandes sur les capteurs rapides. La solution : synchroniser la vitesse d'obturation sur un multiple de la fréquence d'alimentation. En France, 1/100, 1/200, 1/500.